Arty' Big tou-ni-ma

Messages: 6 Date d'inscription: 26/05/2011 Age: 15
 | Sujet: la Treizième Olympienne Sam 28 Mai - 13:53 | |
| Bon, eh bien pour montrer l'exemple, je vais commencer... ^^
Alors, voici une des histoire à la Percy Jackson, de Rick Riordan, que je me suis inventée...
Résumé :
| Citation: | Une nouvelle sang-mêlée est arrivée entre le volume 4 et le volume 5 ! Evy Spalko, 14 ans, orpheline et adoptée par son oncle, que la jeune fille trouve abominablement sérieux. Quand Percy retourne à la Colonie, après là Réunion du Conseil, Chiron lui raconte une nouvelle, pour le moins étrange : en Février, la jeune fille a étée réquisitionnée par un Dieux... Mais quel Dieu a pour signe un faux, viollette et inquiétante ? la réponce est bien, aucun. La nouvelle question est : comment Evy pourrait être la fille du Seigneur du temps ? |
Voici le premier chapitre :
| Spoiler: | | | Je ne vais pas dire que je m'ennuie. Il est vrai que depuis que cette stupide faux était apparue au-dessus de ma tête, certains pensionnaires évitaient de me parler. Qui sait, peut-être étais-je une espionne de Cronos ? Ben voyons. Mais bon, je m'amusais bien, à cette colonie des Sangs-Mêlés. Même si mon bungalow -celui de Hermès : vous pensez bien qu'on ne va pas faire un bungalow-Cronos rien que pour moi- était légèrement-bien-trop-remplis. Il y a six mois à peine, les dieux ne faisaient que m'intéresser -j'ai toujours été fan de mythologie grecque, mais j'avais certes du mal à y croire. Mais dès que j'ai appris que l'un d'eux était censé être mon père, autant dire que j'étais à fond dedans ! Quelle déception quand j'ai découvert mon cher paternel n'était autre que celui qui a manger... Ben, mes frères et sœurs, donc. A vrai dire, j'avais renoncé à essayer de comprendre, par exemple, comment un "type" qui était enfermé au fin fond du Tartare depuis trois mille ans pourrait être mon père alors que je n'avais que quatorze ans. OK, je serais née il y a à peine quelque mois, ça aurait collé, vu que le seigneur du temps était apparemment sorti de son trou, mais là ! Aussi : autre chose invraisemblable : tantôt j'avais les mêmes pouvoirs qu'un fille de Zeus, tantôt c'est Hadès ou encore Poséidon ! Hahaha. J'avais l'impression d'être la sang-mêlé la plus bizarre de l'univers. Et c'était sans doute le cas, en fait. Ma jambe pendait dans le vide : je m'étais allongée sur l'inconfortable branche d'un arbre, adossée au tronc. Je lisais un livre en grecque anciens -je savais le lire, mais apparemment, ça c'était normal. je faisais des bulles de plus en plus grosses avec mon chewing-gum, quand j'ai entendu des pas, qui se rapprochaient de mon arbre. Je regardai en bas : c'était un garçon, que je ne connaissais pas. Assez grand, les yeux verts, cheveux bruns. Je décidai d'attirer son attention. _Ça va, lançai-je ? Il sursauta, presque imperceptiblement, puis leva la tête vers moi. _Euh.. ouai, fit-il. Tu es Evy ? _C'est bien moi, répondis-je, plutôt surprise qu'il me connaisse moi alors que sa tête ne me disait rien. Je choisis de descendre de mon arbre. Quelques branches m'égratignèrent, mais ce n'était trois fois rien. Quand je sautai de la dernière branche jusqu'au sol, je me tordis la cheville. Heureusement, la douleur fut minime, et je pus la cacher facilement -autant de pas donner à ce garçon une occasion de faire preuve de son éventuel machisme. _Et toi, tu es... je demandai. _Percy Jackson. _Le fils de Poséidon ? _Ouais. _Eh ben. Chiron, le centaure, là,- oui, oui, une homme-cheval - m'avait déjà parlé de lui. Un des fils des trois Dieux Ainés... Et sans doute l'objet de la Grande Prophétie. Pauvre de lui, pensé-je. _Chiron m'a proposé d'aller parler avec toi, annonça-t-il. _Ca ne m'étonne pas trop, dis-je. De mon super-papa, j'imagine ? _Un truc comme ça. Je m'assis et m'adossai au tronc du sapin dont je venais de descendre. Percy fit de même. _Je ne sais pas trop... dis-je. C'était pendant une partie de capture-l'étendard que la faux est apparue au-dessus de moi. Sur le moment, j'avoue que j'ai un peu flippé.. D'autant plus qu'on avait trois hypothèses, pour l'identité de mon père. Et laisse moi te dire qu'on avait vraiment pas pensé à Cronos. _C'était quoi les hypothèses ? demanda Percy. _Devine : en arrivant ici, tu te doute que j'ai du combattre quelque monstres. Et bien, primo, je la foudre s'abattait sur eux, deuxio, un véritable ouragan s'est déclenché et a emporté tous ceux qui volaient, et tertio, mon chien est venu m'aider. _Ton chien ? _Offerte par mon oncle quand j'avais 5 ans. Morte il y a deux ans. Percy eut un hoquet de surprise. _Tu veux dire que... _Ouais, je dis. Il y eut un petit silence. Je ne dis rien à propos de mes rêves bizarres : il ressemblaient tellement à des souvenirs que je sentais que j'allais encore m'attirer des ennuis si j'en parlais. _Tu sais, dit Percy après une minute de silence, peut-être qu'il y a eut une erreur, et que tu n'es pas du tout fille de Cronos. _Oui, me moquai-je, bien-sûre. J'imagine la scène : "Oh, j'ai fait apparaitre une faux au-dessus de sa tête, dommage, je me suis trompé. Tans pis, regardons-la plutôt se faire manger par ses petits camarades." _Se faire manger ? _Enfin, s'en est pas très loin. _Mais peut-être que... _Percy, dis-je d'un air grave. Regarde mes yeux. Comme je le lui avais dit, il plongea son regard dans mes iris. Je savais très bien ce qu'il y voyait : des pupilles turquoises, avec des échardes bleu marine, des pupilles qui donnaient l'impression d'être transparentes. Et derrière cette transparence, des rubans de fumée ; comme ceux d'une bougie que l'on vient tout juste de souffler. |
Chapitre 2 :
| Spoiler: | | | Je mangeais à la table des Hermès, écrasée entre deux filles indéterminées à l'air maussade. Des nymphes nous distribuaient des côtes d'agneaux et des cuisses de poulet plus grillées les unes que les autres. Puis, comme à chaque repas, nous nous levâmes et nous dirigeâmes vers le feu, où chacun de nous y jetai la meilleure partie de son repas. Quand vint mon tour, je lançai dans le foyer la plus grosse pièce de viande présente dans mon assiette, en marmonnant "aux dieux". il allait de soi que je n'allait pas faire une offrande à Cronos. Aussi, depuis quelques jours, j'avais remarqué que certains pensionnaires me dévisageaient, dès le moment de l'offrande. Sans doute attendaient-ils le moment où je jetterais mon repas au seigneur des Titans. Je crois bien qu'il cherchaient une preuve, pour pouvoir dire que j'étais réellement mauvaise, j'entends. De retour à ma place, j'entamai mon repas, sans grande conviction. Quelque tables plus loin, j'apercevais Percy. Ou plutôt son dos, en fait. Je repensai à notre conversation; La fin n'avait pas été très chouette : _Et ta mission avec Charles Benckendorf... Comment ça s'est passé ? avais-je demandé. Percy avait mis quelques secondes à répondre. Mais il ne m'en fallut pas plus pour comprendre la triste nouvelle ; la mort du chef du bungalow d'Héphaïstos. Mais alors, Percy m'avait appris une nouvelle bien plus effrayante. Pour moi en particulier : il y avait un espion, à la Colonie. Mon cœur eut un raté, quand je repensai à la raison de ma frayeur : plusieurs pensionnaires doutaient déjà de moi. Voilà pourquoi j'étais pratiquement certaine que pour ceux-là, l'espion ou l'espionne ne serait autre que moi. D'après moi, mes jours heureux dans cette Colonie étaient sans doute comptés. En outre, je sentis que mes problèmes allaient bientôt s'aggraver, lorsque Chiron se leva pour annoncer l'évènement de la soirée. _Eh bien, dit le centaure, étant donné les circonstances, j'avais pensé à annuler la partie, mais comme certains ne sont pas d'accord (il lança un regard lourd de sens aux Arès), le Capture-l'étendard aura bel et bien lieu. Vous connaissez les règles : la rivière est la frontière, ne pas mutiler, ne pas tuer, et le premier qui amène l'étendard de l'autre équipe hors de son camp fait gagné le sien. Bien ; aller chercher vos étendards. Tandis que les Héphaïstos et les Arès allaient chercher les étendards, je m'affairait à me ronger les ongles, en proie à la nervosité ; mais à quoi pouvait bien penser Chiron ? ? Comme si j'avais une chance de m'en sortir vivante ! "interdit de mutiler ou de tuer", tu parles ! L'occasion était trop belle, tous mes ennemis en profiteraient pour rayer mon nom de la liste des pensionnaires... Et, n'étant pas superbement douée au combat, je ne pourrais strictement rien faire contre. Tout le monde se leva, je suivis le mouvement d'un pas trainard, le regard sur le sol. Par malheurs, j'étais avec les Héphaïstos. Oh, cette idée, en soi, ne me dérangeait aucunement. Non, le soucis, c'est que j'étais contre les Arès. Plus le temps passait, et plus j'avais l'impression d'être maudite des Dieux, ce qui ne serait pas très cool. Je fus postée, comme par hasard, seule pour protéger notre étendard. Avant d'aller à son poste, Percy me donna une tape sur l'épaule, me souhaitant bon courage. Très gentil de sa part ; mais c'était les derniers sacrements pour le condamné à mort. Mais le fils de Poséidon n'avait pas eut l'air de s'être rendu comte à que point j'étais en danger. Crispée sur le manche de mon épée à m'en casser les doigts, je tournai frénétiquement le regard sur tout ce qui bougeait. Le moindre bruit me faisait sursauter. Intérieurement, je maudis les Arès pour s'être opposés à l'annulation de ce jeu débile. Ah ! des hurlements de guerre. Pour le coup, je tremblais carrément, ce qui n'allait sans doute pas m'aider pour mon prochain combat, si tant est que j'ai le temps de lever mon épée. Quatre Arès, comme je m'y attendais, débarquèrent en poussant des cris déments. Quatre, c'était plus qu'il n'en fallait : le plus nul d'entre eux m'aurait écrabouillée comme... Enfin, vous voyez de quoi de parle. Mes ennemis furent pris de ricanements quand ils s'aperçurent de ma terreur. Oh non ! je venais de penser que je n'avais aucun drachme d'or sur moi. Comment allais-je payer le passeur, pour qu'il m'emmène en Enfer -Charon, je crois bien ? J'allais être condamnée à attendre des millions d'année en salle d'attente ! A moins que quelqu'un ne pense à en mettre quelque uns dans les poches de mon cadavre, s'il n'est pas trop mutilé... Je fus prise d'un léger haut-le-cœur, et les Arès ne s'en marrèrent que plus. Je respirai un grand coup pour me calmer, et levai mon épée. Un garçon dont je ne connaissais pas le nom -à vrai dire, je ne connaissais aucun des types ici-présents-, s'avança, puis avant que je m'y prépare, attaqua. Son épée s'abattit sur mon bouclier, mais le gars appuyait si fort que mon épaule me faisait désormais horriblement souffrir. Et ça n'avait pas l'air de trop le gêner, soi dit en passant. _Ton père est vraiment un abruti, dit-il, ce qui me fit tressaillir. Il aurait dû se douter qu'on penserait direct à toi dès qu'on saurait qu'il y a un espion dans nos rangs. Il n'aurait pas dû te réquisitionner, l'imbécile. Je me fichais éperdument de tout ce qu'il pouvait dire sur Cronos ; cependant, je feintai sur la gauche, et fus libérée de son emprise sur mon bouclier. Mais aussitôt, il leva de nouveau son épée, et c'était repartit pour un tour ! Il appuyait encore plus fort sur mon bouclier, me déboîtant presque le bras, tandis que ses demi-frères regardaient en s'esclaffant. Pourtant, l'un d'eux, derrière moi, s'exclama : -Qu'est-ce que tu es long, Sèb' ! Sur ce, il s'avança dans mon dos, et trancha au niveau de l'arrière de mon genou. La douleur remonta dans ma gorge, et tandis que je m'écroulai par terre, je fus prise d'une énorme nausée. Au sol, je vomis, toussai, crachait, et les garçons autour de moi riaient à gorge déployée. Je gémis, essayait de me relever, mais mon corps ne me répondait plus. Nom d'un chien, ça faisait trop mal ! Celui qui m'avait blessé se vantait de m'avoir, apparemment, tranché un, ou même les deux tendons du genou. Je vomis la dernière partie de mon dîné. _Bah, fit Sèb', autant dire que tu n'as plus besoin de ta jambe maintenant. Je fermai fort les yeux, guettant le moment ou la lame glacée me priverait à jamais de ma jambe droite. Mais le choc ne vint pas. Sèb' gardait son épée en l'air, et l'hémorragie commençait à me faire voire des taches sombres. _Mais... dit un Arès. Mais c'est quoi, ça ? c'est à ce moment que quelqu'un arriva. Une demi-sœur de mes futurs assassins, malheureusement. _Qu'est-ce que vous fabriquez, s'écria Clarisse ? Aucun de ses frère ne répondit. _Bande d'idiots, hurlait la chef du Bungalow des fils d'Arès. Vous me faites honte ! Vous êtes sourds ou vous ne comprenez pas les mots "ne pas mutiler" !? Elle avançait vers moi, et ses frères, honteux -ben voyons- la laissèrent passer. Elle me leva et passa un bras sous mon épaule. Je n'aurais jamais cru que mon sauveur puisse être du même sang que mes tueurs potentiels. _Clarisse, bredouilla Sèb', euh.. sa jambe... _J'ai bien vu que vous lui aviez blessé la jambe, crétins ! Mais elle posa le regard sous ma blessure, et son hoquet de surprise m'informa que j'allais devoir faire face à de nouveaux problèmes -encore. Je descendis le regard avec effort sur mon genoux, où le sang -normalement- coulait. Mais le sang était... Doré.
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Chapitre 3 :
| Spoiler: | | | Je ne comprenais pas pourquoi nous n'avions toujours pas demandé une audience aux Dieux, pour qu'ils nous expliquent. Ah oui, j'ai trouvé ! : Typhon leur pose déjà bien assez de problèmes. Ma jambe me faisait atrocement mal, bien que les Apollons avaient fait des pieds et des mains pour tenter de la guérir. Et, tandis que j'essayais vainement de trouver le sommeil, dans un des lits de l'infirmerie, je me posais de plus en plus de question. 1/ comment puis-je être la fille de Cronos ? 2/ comment se fait-il que le sang qui coulait de ma plaie, c'était l'Ichor, le sang des Dieux, et qu'aux dernières nouvelles, je n'avais rien d'une déesse ? 3/ pourquoi ces crétins de Arès se sont rependus en excuses dès le moment où ils ont vu mon sang pour le moins étrange ?? M'est avis qu'ils auraient pus être sympa bien avant de se rendre compte que j'étais une déesse potentiellement capable de me venger en les carbonisant. Je mis la troisième question de côté : elle n'avais aucune importance. D'ailleurs, pas mal d'autre pensionnaires avaient aussi demandé pardon -dont tous ceux qui étaient contre moi compris dans le lot-, pour ne pas avoir pensé au fait que certaines personnes pouvaient bien souhaiter ma mort. Annabeth Chase ne cessait de ruminer " qu'elle aurait dû y penser ". Mais je n'arrivai pas à déterminer si elle aurait dut penser soit au fait que j'allais me faire atomiser ou au fait que dans mes veines coulait l'Ichor. Je fis de mon mieux pour me détendre, sinon je n'allais pas pouvoir m'endormir. En même temps, si c'était pour rêver une énième fois de cette fille... Irina, si je ne m'abuse. Depuis que j'ai pris conscience de la réalité qui m'entoure, c'est à dire vers, disons, quand j'avais deux ans, je faisais des rêves. Je ne dirais pas toujours le même, mais ils tournaient toujours autour du même sujet. De plus, je crois bien qu'en général, on regarde les rêves d'en haut, ou je ne sais pas quoi... et bien croyez-moi, c'est d'autant plus angoissant lorsque l'on incarne un personnage du rêve lui-même, surtout quand ce personnage n'est même pas vous. Je repensais à toutes les visons que j'avais eu, et, un instant plus tard, mes pensées prirent forme, tandis que je sombrais dans le sommeil... Dans mon rêve, j'incarnais encore cette fille : Irina. C'était horrible. Dans son corps, j'étais en proie au doute. A la peur. A la tristesse. Et un froid me gelait les membres, un froid... psychologique, qui ne diminuait jamais. Irina était dans le noir, comme toujours. Comme endormie, mais pourtant réveillée. Elle n'avait que trois ans. Pourtant, elle voyait, comprenait, entendait, comme une jeune fille de quinze ans. Comme Evy Spalko. Et j'ignorais si elle était réellement aussi mature que moi, bien que l'on entendait, ne voyait rien, et comprendre quoi que ce soit était impossible. Mais elle savait une chose : elle voulait voir ses frère, ses sœurs et sa mère heureux, et c'était la seule raison pour laquelle elle avait décidé de ne pas mourir, jusqu'à présent. Mais désormais, tout était inutile. Rester en vie n'avait aucun sens. Le noir engloutissait peu-à-peu tous ses souvenirs, et oublier ses frères et sœurs lui semblait insupportable. Elle le sentait : bientôt, son non-désir de vivre allait entrainer sa disparition, bien qu'étant donné sa nature, elle ne pouvait pas mourir. Pas d'Enfer, alors. C'était exactement ce qu'elle voulait: disparaître. Elle se sentait si triste, toujours, qu'elle ne voulait plus rien ressentir, morte ou vivante. Si elle l'aurait pu, elle aurait pleuré. Mais elle ne le pouvait pas. Elle était comme une conscience sans corps, incapable de faire autre chose que de penser, de ressentir encore et encore, une tristesse sans fin. Je me réveillai, en larme. Le désir de pleurer d'Irina avait déferlé sur moi, et une tristesse infinie s'était emparée de mon être. En face de mon lit d'infirmerie, je reconnus Percy Jackson ainsi qu'Annabeth Chase -la raison pour laquelle cette fille d'Athéna me rendait visite m'échappait. Ce n'est qu'en les voyant que je me souvins que j'étais censée avoir mal, et pas qu'un peu, qui plus est. Mais mon genoux ne me faisait pas vraiment souffrir. Juste une petite douleur gênante, comme une courbature. _Bien dormi, me demanda Annabeth ? _Ca va, mentis-je. Dans toute ma vie, je n'avais pas une fois bien dormi. _Chiron dit que tu pouvais sortir de l'infirmerie, m'annonça Percy. En béquilles. _Super... râlai-je. Annabeth et Percy m'aidèrent à me lever et à sortir de l'infirmerie -en béquille, donc. C'était inévitable, vu que dès que je m'appuyais sur ma jambe blessée, je m'écroulais, ce qui n'était pas particulièrement amusant. Tous les pensionnaires me jaugeaient d'un regard différent : suspicion ; excuse ; tristesse ; crainte ; compassion ; et certains Hermès (les frères Alatir et d'autres) vinrent vers moi pour prendre de mes nouvelles. _Comment ça va ? _Tu as l'air en forme. _Tu arrives à marcher ? _Euh... dis-je. Je répondais tant bien que mal à leurs questions, jusqu'à ce qu'on arrive enfin à notre bungalow Hermès. J'entrai en compagnie de Travis et de Connor Alatir, qui m'aidaient à me frayer un chemin entre les sacs de couchage et les lits, jusqu'à arriver à mon propre sac de couchage. Je remerciai les frères pour leur aide, et tachai de somnoler ; pas question de rêver encore d'Irina. Et puis quelque minutes plus tard, je me souvins que ça allait être l'heure de l'inspection. Je me levai alors péniblement, dans le but de mettre un tout petit peu d'ordre dans ce souk. Je lissai les sacs de couchage près de moi ; enfin j'en lissai deux, jusqu'à ce qu'une indéterminée me conseille de me reposer et pris le relais. Evidemment, n'ayant aucune envie de ne rien faire pour mon bungalow, je me contentai de regrouper les affaires de tout le monde et de les jeter sur les " lit " de leur propriétaires; Puis enfin, ayant fait tout ce que je pouvais, de retournai à ma place, et contre mon gré, m'endormis.
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Chapitre 4 :
| Spoiler: | | | Pour la première fois, je goûtai à la joie d'avoir un rêve normal. Je veux dire, pas sur Irina. J'étais dans un appartement, assez vieux, mais plutôt bien rangé. Accroché au mur, un calendrier indiquait la date :nous étions le 19 février 1996. Soit le calendrier était aussi vieux que l'appartement, soit le rêvais d'un événement qui s'était produit il y a plus de quatorze ans, ce qui n'était pas impossible. Au milieu de la pièce, un homme en jogging, les cheveux poivre et sel. Il se tenait devant un nuage de brume, que la lumière venant de la fenêtre traversait en produisant un arc-en-ciel. L'homme essayait vraisemblablement d'envoyer un message Iris à quelqu'un. Il prononça l'incantation, d'une voix lasse, comme s'il effectuait un bouleau qu'il faisait chaque jours depuis de centaines d'années. _ ...Montre-moi Irina, termina-t-il. La brume tournoya légèrement. L'homme la regardait pensivement, comme s'il était persuadé qu'elle allait se changer en un " votre correspondante n'existe pas ". Mais une forme apparut, et le type écarquilla les yeux : le nuage de brouillard affichait un bébé, qui dormait tranquillement. Soudain, l'homme devint tout excité. Il sortit maladroitement un genre de téléphone portable de sa poche ; je sursautai : sur l'antenne de l'engin, deux serpents entrelacés. J'adorais les serpents, mais en rencontrer deux entrain de tournoyer autour de l'antenne d'un téléphone, cela me surprenait légèrement. De plus, le propriétaire de l'appareil ne semblait pas s'inquiéter outre mesure. _Martha, George, dit ce dernier. Envoyez un message à l'Olympe : on a retrouvé Irina. C'est moi ou il parlait aux serpents ?! C'est pas trop tôt ! Dit une voix féminine. Ca fait combien ? Deux mille ans, qu'on cherche ? Ouai, fit une voix masculine, approximativement. Vu qu'on est en 1996... _Dépêchez-vous, fit l'homme, agacé. Oui, ben vas-y, toi ! Dit le serpent femelle à l'adresse du serpent mâle. Il a dit ''Martha et George'' ! Pas ''George'' ! C'est pareil ! _Ca suffit, vous deux ! Mon rêve s'effaça, puis je me réveillai. Dans toute ma vie, je ne m'étais jamais réveillée autrement qu'en sursaut. Jamais. Pourtant, ce fut avec douceur que mes yeux s'ouvrirent, pour me laisser voir le plafond du bungalow d'Hermès. C'était la nuit. Assez tard, sans doutes, vu qu'aucun Hermès n'était en train de marchander une dernière fois avant de faire dodo. Je bâillai, puis me redressai en position assise. Par la fenêtre entrebâillée, je voyais un nombre incalculable d'étoiles. La lune enveloppait la Colonie d'un halo pâle. Doucement, je pris mes béquilles, puis sortis en faisant le moins de bruit possible, évitant les sacs de couchage qui jonchaient le sol. Quand j'arrivai sur la plage, l'odeur de la mer m'emplit immédiatement les narines. Les vagues s'écrasaient avec courroux sur le sable. En les voyant, deux mots me vinrent immédiatement à l'esprit : colère. Combat. Je regardai au loin. Peut-être étais-je dingue, mais j'avais l'impression que des éclairs de lumière bleutée illuminaient, de temps à autre l'horizon. Les Dieux livraient leur combat, je ne le savais que trop bien. Et, je devais l'avouer, je flippais un peu. J'avais vu trop de pensionnaires partir en mission, certains ne revenaient d'ailleurs pas. Et bien qu'ils me soient inconnus, j'avais le sentiment que, peu à peu, mon coeur s'effritait. Je m'assis. Je repensai à mon rêve. L'homme, c'était Hermès, j'en était quasi-sûre. Et les serpent avait dit qu'ils cherchaient depuis... Oh, je ne sais plus... Mais qu'ils avaient trouvé en 1996, ou 1995. J'avais rêvé du passé, quoi. En gros, moins d'un an après ma naissance. Et Hermès avait dit... "Montre-moi Irina" ? Ce qui voudrait dire qu'elle est vivante, si il l'a vue... Mais quel rapport puis-je avoir avec Irina ? C'est vrai, pourquoi je rêve d'elle, enfin, que j'étais elle, même ? Je respirai profondément. Il était inutile de se triturer les méninges pour reconstituer un puzzle dont il manquait des pièces. Le mieux était de patienter. Je restai là jusqu'au matin. Quand l'aube pointa, je me levai avec précaution, puis retournai me coucher. Cette fois, je ne m'endormis pas. Une petite heure plus tard, tous les Hermès étaient debout. Je pris quelques drachmes dans ma poche, histoire d'avoir une monnaie d'échange pour ma prochaine épreuve, mais j'en parlerai plus tard. Connor me donna un coup de main pour aller petit-déjeuner. Il veilla à ce que je sois au bout du banc pour que je puisse étendre ma jambe blessée, bien que je n'y sentais presque plus de douleur. Juste après avoir engloutit quelques céréales, je respirai un grand coup. Dans quelque minutes, j'allais devoir faire face à un évènement hebdomadaire, qui demandait encore plus de réflexion, ou d'intelligence qu'une partie de capture-l'étendard. Une fois que tout le monde fut partit, je me préparai mentalement à l'épreuve qui allait suivre. Soupirant une dernière fois, je me levai sans trop de peine, puis me dirigeai dans la direction qu'avait prise les jumeaux Connor et Travis. Ils étaient dans la forêt, appuyés à un pin, occupés à s'extasier devant leur nouveau butin volé à je ne sais pas qui. Je ne pris pas la peine de regarder ce que c'était, de toute façon ça ne pouvait pas être à moi, vu que je ne possédais rien, à part quelques drachmes. Je me raclai la gorge façon Monsieur D. Les garçons sursautèrent, chose sur laquelle je comptais _les négociations étaient plus simples lorsque le commerçant était un peu stressé, du moins je crois. _Hem... fis-je. J'ai besoins d'un service. Bien que je leur demandais la même chose chaque semaines, ils devaient avoir tellement de demandes qu'ils oubliaient l'objet de certaines d'entre elles. Pourtant, ils virent tout de suite de quoi je parlais, et sortirent de leur poche un pack d'une douzaine de paquets de chewing-gum Hollywood de différents parfums. Bon, je n'allais manifestement pas avoir besoins de leur expliquer exactement de quoi j'avais besoin, ce qui n'était pas mal, mais le pire restait à venir... _Alors, risquai-je... Deux drachmes, ça va ? _Quoi ? s'exclama Travis. Tu te rends compte de ce qu'on a du faire pour les avoir, ces chewing-gum ? Je secouai la tête. Je n'avais pas envie de savoir. _Pfff, je suis fauchée, soupirai-je, en prenant soins de prendre mon aire le plus dépité... Les jumeaux secouèrent à leur tour la tête. _Pas moyen, dirent-ils d'emblée. Payes, ou pas de chewing-gums. Je soupirai d'exaspération, et leur lançai les quatre drachmes qu'ils demandaient en général. Il me lancèrent le paquet. _Merci, fis-je ironiquement. _De rien, dirent-ils, satisfaits, tandis qu'ils se partageaient les fruits de leur escroquerie. Je m'éloignai en clopinant, après avoir mis dans ma bouche un chewing-gum menthe-chocolat. J'essayais toujours de faire baisser les prix, mais je pourrais me ramener les deux bras coupés, il n'auraient même pas pitié, quand il s'agissait de troque.
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Chapitre 5 :
| Spoiler: | | | Plus je pensais à mon dernier rêve, et plus je trouvais ça bizarre. C'est vrai, quoi, ma vie durant, je n'avais rêvé que des sentiments les plus tristes du monde, et comme ça, sans prévenir, un rêve différent débarque comme si on l'avait invité ! Ca m'énerve !! Je manquai de me mordre la langue -une quatrième fois- tout en mâchant frénétiquement mon chewing-gum tant j'étais sur les nerfs. Il fallait que je me détende. Presque toute la Colonie était à l'entraînement -ou à l'infirmerie- donc, inévitablement, je m'ennuyais. Non pas que je tape la causette à chaque personne que je croise en général, mais bon... Après maintes réflexions, je décidai d'aller lire un livre -traduit en grec ancien, évidemment. Il y avait un minuscule, mais bien présente bibliothèque au fin font du marché au puce qu'était notre bungalow. Je m'y dirigeai, toujours en clopinant -cela aussi m'énervait, d'ailleurs- et me penchai dans le but de choisir une histoire digne de ce nom. Le seul ouvrage qui n'était ni une bande-dessinée ni un roman policier (je détestais ça) était Roméo et Juliette. Je l'avais déjà étudié, du temps où j'allais encore en cours, mais cela remontait à loin. Je le choisit alors. Le livre sous le bras, je sortis du bâtiment en faisant preuve d'une immense concentration pour ne pas me prendre la béquille dans un sac de couchage et me casser la figure. Cette épreuve terminée, et la porte passée, j'allai dans la forêt pour me trouver un arbre dans lequel lire tranquille, sans risque d'être dérangée. Faute de pouvoir y grimper, je m'installai le dos au tronc, et entamai ma lecture. *Roméo et Juliette... Pfff, à mon avis, Shakespeare ne vaut pas Virgile.* Je sursautai et retint un cri de furi.. euh, de bienveillante : je n'avais pas entendue de pas. Je regardai autour de moi : il n'y avait personne. Je commençais tout juste à paniquer quand la voix se refit entendre, au-dessus de ma tête : *Peut-être que tu as lu ce livre, là... Comment il s'appelle ?* Je levai la tête ; ah, voilà, tout s'expliquai : j'étais devenue folle. Ou bien j'avais de la fièvre ; car en fait, j'écoutais les critiques littéraires d'un corbeau. Qui me dévisageait de ses grands yeux jaunes. _Euh... Tu es vraiment un corbeau, toi ? L'oiseau hésita. *C'est une question-piège ?* _Non, répondis-je, je veux dire... Ce n'est pas tout les jours que j'entends un animal parler... *Alors tu crois que je suis un monstre ?* _Parce que toi tu parle à des humains tout les jours ? *Bien sure que oui. Mais il ne me comprennent pas.* _Et ça ne t'étonne pas que moi je te comprenne ? *Tu sais, mieux vaut mourir sans comprendre que gâcher sa vie à chercher une explication.* Je ne répondis pas tout de suite. _C'est vrai, dis-je enfin. Et les corbeaux savent lire ? ajoutai-je après une pause. *Quelques uns, oui.* _Pourquoi seulement quelques uns ? *Aucune idée.* _Ca fait beaucoup de choses qu'on ne sait pas... *Désolé pour toi.* Je lus une ou deux scènes de Roméo et Juliette, mais je n'arrivais pas à me concentrer. Mon esprit avait besoin de réponse. N'importe laquelle. Le corbeau était toujours là. _Tu as un nom ? *Parce que tu voudrais m'appeler ?* _Pourquoi pas ? Et ce serait déprimant de t'appeler "le corbeau". *Tu as quelque chose contre les corbeaux peut-être ?* _Tu sais, il n'y a pas de honte à ne pas avoir de nom. *A vrai dire, le fait que j'ai un nom ou non m'importe peu.* _J'avais une salamandre, avant. Je l'appelais Piyù. *J'ai vraiment l'air d'une salamandre ?* _Qu'est-ce que tu es désagréable. Tu es toujours comme ça ou tu es mal luné ? *Bon, appelle-moi comme tu veux.* Légèrement soulagée par cette petite victoire, je repris ma lecture dans le calme. Piyù s'envola en me souhaitant une bonne journée quelques minutes après mon interdiction de lire par dessus mon épaule -cela m'énervait. Connaissant la fin de l'histoire, et ne souhaitant pas ardemment de relire la mort tragique des deux amants, je fermai mon livre et fermai les yeux, offrant mon visage aux rayons du Soleil. Mais je n'arrivais pas à me détendre ; les questions que j'avais essayé d'enfermer dans un tiroir de mon cerveau s'échappaient : pourquoi pouvais-je parler à un simple et banal corbeau ? Enfin, je dis simple et banal, mais l'espion avait très bien put faire entrer je ne sais quel monstre dans la Colonie. Je me levai donc. J'avais une petite théorie, et pour cela, je devais aller aux écuries. En chemin, je croisai Percy. _Salut, Evy, fit-il. Quoi de neuf ? Je désignai le livre. _Roméo et Juliette son mort, le renseignai-je. L'histoire bête, tu sais... _Ah, ouais... *Elle n'a pas l'air dans son assiette. Peut-être que...* _Eh, coupai-je. Je suis là. Et je suis parfaitement dans mon assiette, merci. Percy me regarda avec un air effrayé. _Mais que, commença-t-il... Mon cœur eu un raté quand je crus comprendre. _Euh, dis-je, je dois y aller. Je me dirigeai vers les écuries le plus vite possible. Ce n'était pas possible. Pas. Possible. _Ce n'était pas de ma faute, il était juste à coté... Je me retournai à la vitesse que mes béquilles me le permettaient. Il n'y avait personne près de moi, encore moins qui me regardaient pour me dire quelque chose. Augmentant de nouveau ma vitesse de marche, je fermait mon esprit à toute paroles ou idées. Mais des phrases entraient dans ma tête, et ce n'était pas moi qui les pensait. *_J'ai la dalle...* *_Un, deux... Un, deux...* *_Espèce de crétin !!* Je me concentrai pour ne rien entendre, puis j'arrivais enfin aux écuries. Je ne saurais dire pourquoi, mais je m'en trouvai immédiatement apaisée, et toute ces phrases dans ma tête diminuèrent de volume, pour enfin disparaitre. Je jaugeai les pégases les plus proche, un à un. Certains me regardaient, d'autre continuaient à manger ou à dormir avec indifférence. Mais aucun ne me parlait. Bêtement, j'étais soulagée. J'avançai vers un pégase gris, puis le caressait doucement. Il tourna vers moi un regard implorant. *Je t'en pris, ne me monte pas, j'ai des courbatures partout...* Je sautait à un mètre du sol, et mon coeur cogna un grand coup contre mes côtes. *Tu as toujours des courbatures, Tacko...* fit une voix féminine, venant du cheval (enfin, de la jument) d'à côté. Je me rendis alors compte que j'étais tombée par terre. _Pourquoi... commençai-je. Les pégases se tournèrent vers moi. Je pris ma tête entre mes mains. _Pourquoi je vous entend... Et pourquoi j'entends les pensées de tout le monde.. ? Les pégases se regardèrent, embarrassés. *Euh,* fit Tacko... *Tu n'es pas une fille de Poséidon, si ?* *Les enfants de Poséidon n'entende pas les pensée de tout le monde.* dit la jument. Je secouai la tête, puis, tant bien que mal, je me levai. _Moi, dis-je, je suis la fille de Cronos.
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Chapitre 6 :
| Spoiler: | | | Je sortis des écuries, dépitée. Il était évident que j'étais née malchanceuse, rien qu'en sachant qui était mon père. Mais je n'osais croire que cette poisse me suivrait ma vie durant. Je marchai sans vraiment savoir où j'allais. Avant même de m'en rendre comte, j'étais devant la porte de la Grande Maison, prête à frapper. Mais je restais sans bouger, tremblante à l'idée de me faire passer pour une parjure, ou je ne sais quoi. Pour une raison que j'ignorais, le fait que j'ai la faculté de lire dans les pensées me paraissait trop étrange pour être, comment dire... légal. Je me sentais traitresse dans tout mon être. Mais je le serai encore bien plus si je gardai ça pour moi. Convaincue par cette dernière pensée, je levai ma main pour toquer à la porte. Mais avant même que je ne la touche, elle s'ouvrit, me faisant sauter sur place de surprise. En face de moi se tenait Chiron. -Evy ? fit-il en levant un sourcil. Je me raclai la gorge. -Tu savais que j'étais là ? demandais-je. -Le perron grince, dit-il en désignant le sol du menton. Puis-je t'aider pour quelque chose ? -J'aimerais... Te parler, dis-je en jetant un petit œil inquiet aux alentours. Chiron me fit entrer, et m'invita à m'assoir. L'interrogation de Chiron résonnait très clairement dans ma tête : "Qu'est ce qui peut la mettre dans cet état ? ", enfin, en simplifié. -Ce qui me met dans cet état, dis-je le prenant au dépourvu, c'est que personne ne m'avait dit que Cronos lisait dans les pensées ! Chiron, déstabilisé, me regarda avec une surprise contenue. Mais pas suffisamment pour ne pas m'alarmer d'avantage. Je me tordis les mains, rongée par la peur qu'on me prenne pour une créature bizarre. Encore plus qu'un monstre, qu'un sang-mêlé ou autre chose, j'entends. Je ne laissai pas Chiron me poser de question -du moins pas à voix haute. Je baissai les yeux et vidai mon sac. -En ce moment même, j'ai plein de pensée dans ma tête. Des pensées qui ne sont pas les miennes. J'ai parlé avec un corbeau, avec des chevaux, euh, des pégases, comme si ils étaient purement humains. Je tournai des yeux inquiets vers Chiron, en profitant pour me faire sourde à toute les pensées sortant de sa tête, de peur de savoir des choses que d'autres ne sauraient pas, si ils étaient dans le même cas que moi. Si il allait décider de me supprimer pour disséquer mon cerveau et voir ce qu'il y avait de bizarre, pas exemple. Mais ses yeux, à ma grande surprise, étaient bienveillants, rassurants. -Comment ça se fait ? insistai-je. -Je ne sais pas, dit-il. Cronos ne lit pas dans les pensées. -Comment tu le sais ? demandai-je avec raillerie. -Cronos est mon père, à moi aussi. Surprise, de nouveau, je reportais mon regard sur mes mains. -Ah, fis-je. Dingue. Chiron était mon demi frère. Au cas où vous en douteriez, c'est assez étrange, de se rendre compte d'une seconde à l'autre que vous avez un demi-frère d'au moins deux mille ans de plus que vous. Qui plus est un demi-cheval. Mais ce détail ne fit aucunement s'envoler mon inquiétude. En fait, j'hésitai à lui répondre un truc spirituel du genre "toute mes condoléances", mais ça me paraissait mal placé. Au lieu de cela, je reniflai bruyamment. _Je ne comprends vraiment pas, grommelai-je, pourquoi ça tombe encore sur moi (reniflement). Chiron m'adressa un sourire bienveillant. _Au lieu de prendre cela comme un fardeau, fait plutôt comme si tu étais contente. Tu ne peux sans doute pas imaginer comme lire dans les pensées peut être un atout précieux. _Ah bon, parce-que à ma place, tu arriverais direct à faire comme si c'était normal ? m'enquis-je. Chiron eut un soupire. _...Sans doute pas, dit-il enfin. (il hésita) Mais... Quand nous avons découvert que tu étais une fille de Cronos (ma bouche se tordit légèrement), au début, j'ai cru que tu aurais des dons identiques aux siens, le temps, en fait. (il sourit) Mais apparemment, je m'étais trompe ; et ton don est tout autre... _Je ne veux pas posséder quelque chose qui vient de lui, coupai-je. Légèrement interloqué, Chiron attendit que je poursuive. C'est ce que je fis. _Je ne sais pas si j'ai des... Pouvoirs qui viennent de Cronos... Mais ce qui est sur, c'est que je bloque tout. (j'eus une sourire amer) Moi aussi, j'ai cru que j'aurais, peut-être, des dons en rapport avec le temps. Alors, j'ai fait... Comme un mur. Pour qu'aucun éventuel pouvoir ne sorte. Chiron fronça légèrement les sourcils. _Hum, fit-il, je vois. _Ce n'est pas bien ? demandai-je, un peu surprise par ma réaction. Non, je ne m'attendais pas à ce qu'il me félicite pour tant de bravoure et pour tant de fidélité à l'égard des Dieux. Ni qu'il ai désormais une confiance aveugle en moi, qui me permettrai de faire tout ce que je.. Non, je n'ai jamais pensé à ça. Il précisa enfin le fond de sa pensée : _Je pense... Que tu ne devrais pas lutter contre ta nature. Et puis, cette guerre, nous ne sommes pas surs de la gagner ; alors autant jouer toute les cartes que nous avons en main. Oui, c'était parfaitement logique. Je pourrais, je ne sais pas moi, être un atout. On ne sait jamais. Je hochai donc la tête. _Oui, je comprends. _Et je te conseil d'essayer de trouver tes autres pouvoirs. Enfin, si tu en as, bien sur. N'oublie pas : on joue toute les cartes. Je souris. _OK. Je me levai alors, et sortit. Tiens, c'était l'heure du déjeuner. Cela tombait bien. Je me dirigeai en trottinant vers la cantine-terrasse. Je me sentais bien. Je n'étais plus une traitresse. J'étais un atout.
Pendant le déjeuner, je cherchai mes éventuels autres pouvoirs. Et je fus fière du résultat. Quelques bancs plus loin se tenait Elvis, un grand baraqué des Hermès (il était bien un fils de Hermès, hein). Juste après les offrandes, il se mis à manger comme un bœuf. Je rendis mon esprit élastique. Je brisai toute les barrières. Et j'entrai dans son esprit. Et d'ailleurs, j'en sortis immédiatement ; pendant un instant, je sentis le gout du coca cola qu'il avait dans la bouche, j'entendis le monologue de son voisin de gauche, je sentis l'odeur du veau qu'il y avait dans son assiette, et je sentis le verre qu'il avait dans les mains, et je vis son assiette sur lequel il avait le regard posé (le genre de regard qui dit "assiette, épouse-moi"). Et évidemment, en plus, j'entendis ses pensées. Commençant à devenir accro à mes petites expériences, je retournai dans son esprit. Toujours la même chose : j'avais ses cinq sens dans le corps. Pour me marrer, j'ordonnai à sa tête d'avancer. Laquelle alla se vautrer dans la viande de son propriétaire. Ce dernier, ahuri, s'essuya énergiquement en pensant "pourvu qu'elles ne m'aient pas vu", en parlant des filles d'Aphrodite. Tss, je n'aimais pas les dragueurs. Je renonçai pourtant à l'idée mesquine de le faire monter puis danser sur la table en appelant les filles d'Aphrodite (vraiment trop mesquin, surtout pour ceux qui ne demande rien d'autre que de manger tranquillement. ) Je décrétais alors qu'il faudra que je songe à devenir mesquine, un jour. Le soir même, pendant que tout le monde dormait, je me faufilai entre les sacs de couchages et les tapis de sols, et me dirigeai vers la plage.
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Chapitre 7 :
| Spoiler: | | | J'étais allongée sur le sable de la plage, rendu blanc par les rayons lunaires. Piyù, posé sur mon genou plié en l'air, avait le bec plongée dans son aile. _Je me demande... commençai-je. Piyù tourna aussitôt la tête vers moi. _..Ok, continuai-je, je lis dans les pensées. Cool. Je lis les tiennes, donc je te comprend et tu peux me parler. Mais toi ? Comment tu fais pour comprendre ce que je dis ? A moins que tous les corbeaux comprennent notre langage, je sais pas... Mon corbeau préféré secoua sa petite tête. *Ya que les insectes qui comprennent le langage des humains. A part les humain, enfin tu vois.* _Ah ouais ? Les insectes nous comprennent ? *Mais ils sont trop bêtes pour donner un sens à ce que vous dite.* _Ah bon... Mais pour en revenir à notre petite énigme, je ne vois toujours pas pourquoi tu me comprends. A moins que tu sois un insecte. Piyù leva les yeux au ciel. *Aucune risque, je suis bien un corbeau.* Je me plongeai alors dans mes souvenirs, afin de trouver une explication. _Quand je faisais de l'italien, l'année dernière, je comprenais tout ce que la prof disait. Tout ce que je lisais, aussi. (j'eus un déclic) Ho ! Peut-être que je comprends naturellement toute les langues du monde ! Piyù me regarda d'un air exagérément (et faussement) impressionné. *Wha. E-nor-meuh. Mais ça t'avance à quoi ?* _Ben, je pourrais faire une supère psychologue. Tu imagines, déjà je lis dans les pensées, et en plus je comprends les langues ! *En quoi le fait que tu comprenne les langues résoudrait les problèmes psychologiques d'un humain ?* _Je crois qu'un type peut vraiment devenir fada si il connait un mot mais qu'il ne le comprends pas, et ça pendant des années et des années. Je paris que c'est une cause de folie dans 30% des cas. *Je n'en mettrais pas mon aile à couper...* _Peut m'importe, ton manque de foi causera ta perte. *Si tu veux devenir psy, fais comme tu veux, mais essaie déjà de survivre à cette guerre.* _Ta sollicitude me touche. Bon récapitulons : 1) je lis dans les pensées. 2) je peux entrer complètement dans les esprits des gens, et alors sentir ce qu'ils sentent par l'intermédiaire des cinq sens, tu sais, l'ouïe, l'odorat, et tout. Et cela me permet aussi de contrôler leurs esprits, et donc leur corps. 3)apparemment, je comprends toute les langues du monde, y compris celle des animaux. 4)je peux ressentir les humeurs de chacun, et je pense que je peux aussi les influencer. Donc je dirais... Que je contrôle tout ce qui est psychologique. Spirituel. Dans la tête. *C'est bon, j'ai compris.* _Et si ça se trouve, je suis destinée à être la déesse protectrice des psychologues. *'Faut pas trop rêver, hein.* _Et j'ai peut-être... Quelques pouvoirs... Sur le temps. Je tournai les yeux vers le sable. Trèèèèèès lentement, j'en pris un poignée, et la lâcha, laissant tomber le sable grains par grains, jusqu'à ce que ma main soit vide. Puis je recommençai, mais cette fois, j'abattis toute les barrières. Et je me concentrai. Alors, mes entrailles tressaillirent, me faisant un mal de chien (comme un hoquet, mais en mille fois plus violent). Puis j'entendis... Le calme absolu. Les grains de sable que je venais de lâcher restaient en l'air, immobiles. Ils ne bougeaient absolument plus. Je lâchais la dernière poignée qui me restait. Et dès l'instant ou je ne touchai plus un grain, ce lui-ci restait en l'air, et ne bougeait plus. Le seul moyen de leur permettre de bouger était de les prendre entre mes doigts, sinon, on aurait put courir à pleine vitesse dans cette nuée immobile, les grains nous aurait transpercé comme des balles de revolver. Et sur mon genoux, Piyù tournait la tête dans tous les sens, médusé. *Tiens... Les vagues bougent plus.* En effet, les eaux étaient immobiles, les embruns figés. En voyant Piyù bouger normalement, j'en déduisis que tout ce que je touchais volontairement ne s'immobilisait pas. Trop cool.. J'ordonnai alors au temps de recommencer ; et hormis les violent coup au cœur qui me fit m'étaler par terre, il m'obéit. *Eh Ben, on tiens plus assise ?* _Ferme-la. Je me levai, laissant mesquinement Piyù battre des ailes après avoir, comme un idiot, chuté de mon genou. _Bonne nuit, fis-je. *Tu l'as fait exprès.* _Oui. A demain. Boudeur, Piyù s'envola sans une pensée vers la forêt.
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Chapitre 8 :
| Spoiler: | | | Je retournai au bungalow Hermès, en atteignant sans trop de mal mon sac de couchage (nan, je plaisante, je faillis m'étaler plus de trente fois). Je me couchai en soupirant, pensant au plan de la journée de demain. De toute évidence, Cronos avait fait apparaître la faux soit pour m'énerver -ce qui me parait peu plausible, il a sans doute autre chose à faire, comme contrôler le monde, par exemple- ou bien il espérait que je rejoigne son armée. Toute curieuse que j'étais, voir à quoi ressemble mon père, tout en en profitant pour montrer au monde entier combien je l'aimais, était une idée très alléchante - pensait-il. Il voulait que je lui montre à quel point j'étais fièèèèèèère de lui ? Ok, pas je problème. Et j'en profiterai pour emmerder le monde. Voilà. La nuit fut calme.
Le lendemain, je me levai plus tôt que d'habitude. Et je me dirigeai vers les forges. En ces temps de guerre, il n'était pas rare d'y croiser deux trois Héphaïstos qui forgeaient pour s'occuper (ça ne faisait pas de mal, d'ailleurs c'est pas comme si c'était inutile). Je pris une grande inspiration, puis entrai timidement. Passant la tête à l'intérieur, je lançai un maigre " coucou " (histoire d'éviter à un fils d'Héphaïstos d'avoir une crise cardiaque). Une seule personne leva les yeux de son ouvrage. Normal, puisqu'il n'y avait qu'une seule personne dans toute la forge. C'était Cédric (non, je ne connaissais pas son nom, je l'ai lu dans ses pensées, désolée). Mais bon, je fus plutôt rassurée : Cédric avait apparemment un caractère enjoué et une bonne humeur communicative. Je crois même qu'il était ce qu'on pourrait qualifier de gentil. _Tiens, Evy ! dit-il (zut, lui il connait mon nom). Je peux t'aider ? Mince, j'espérais qu'il ne me poserait pas la question directement. Bon, ben quand 'faut y aller, 'faut y aller, hein... _Hum... Eh bien voilà, j'aurais besoins... D'une arme, en fait. Il allait me tuer. Car qu'est-ce qu'on fait avec une arme, à votre avis ? On tue des gens. Et j'étais toujours une espionne suspectée. Il fronça les sourcils. (Aïe) _Hum, " une arme ", c'est vague, ça. C'est comme si tu disais " je veux un chien ". Quel chien ? On sait pas. _Ah. Ouai. Ben... J'ai pensé à... Enfin, vu que je ne suis pas très bonne à l'épée, j'ai pensé à... Ouch. Là, ça allait être (encore plus) dur. J'hésitai, il en profitai pour me couper : _Une faux ! Génial ! Si ça se trouve, c'est dans tes gènes, et ton destin est d'avoir une faux entre les mains ! Extra ! Je fis un tour dans sa tête pour vérifier si il ne se moquai pas de moi. Mais non. Il exultait littéralement d'avoir assemblé la bonne arme et la bonne personne. Ca lui faisait oublier tout le reste. _Donc, en gros, j'aurais besoin d'un peu d'aide, pour m'en faire une. Je gardai pour moi le fait que j'espérais plutôt qu'il m'en fasse une et que je l'aide, et non pas que j'en fasse une et qu'il m'aide. Bah, comprenez, je ne tenais pas à sortir une faux de carton. _Aucun souci, ma belle, accepta-t-il aussitôt. Tu me montre ce que tu veux ? Sur ce, il sortit une ardoise et me la tendit. Je lui montrai une esquisse de ce que je voulais. Une faux entièrement en bronze céleste, avec un croissant de lune qui se détachait vers la base de la lame. Elle se changeait en collier : une simple chaîne avec le même croissant de lune en pendentif (je rendrai des comtes à Artémis plus tard pour lui avoir emprunté son symbole, mais je n'avais pas d'autre idée en tête). Cédric m'expliqua que pour ce qui était des colliers, le mécanisme s'enclenchait quand on ouvrait le fermoir de la chaîne. En gros, le principe consistait à prendre le pendentif dans la main et à tirer d'un coup sec. Ainsi, le fermoir s'ouvrait (sans jamais se casser ; c'était de la bonne qualité), et le collier se transformait en l'arme, donc dans notre cas en faux. Cédric et moi (enfin, surtout Cédric) passâmes la journée à travailler (hormis lors des pauses déjeuners). Les autres Héphaïstos qui arrivaient ne s'étonnaient pas plus que ça de voir l'espionne soupçonnée se faire forger une superbe faux. Je décrétais alors que je ne comprendrai jamais l'idéal des Héphaïstos, à savoir assembler la bonne personne à la bonne machine (d'ailleurs, quel serait mon idéal en tant que fille de Cronos ? Assembler le bon tic-tac à la bonne horloge ? Franchement je me demande). Quand la faux fut enfin terminée, je dois bien avouer que je fus ébahie. Elle était magnifique (voir couverture p.1 ). Puis nous nous rendîmes à l'arène, car Cédric voulait absolument me montrer comment me servir de ma faux. Il ne cessait de répéter qu'elle était faite pour moi, que c'était magnifique et j'en passe (encore cette histoire d'idéal... ). Bizarrement, il avait peut-être raison. A moins qu'il ne me fasse marcher, il trouvait que je me débrouillais super bien. Et je le sentais, aussi. Un peu. _Il faut lui trouver un nom, maintenant. _Hein ? C'est pas comme si c'était un nouveau-né... _Ben déjà, si, presque. Et puis c'est primordial, le nom de l'arme. Ca exprime son "caractère", donc celui de la personne qui la manie. _..Ah. Je réfléchis. _Nocturne, décidai-je. _Ok. Donc, bienvenue à Nocturne dans le monde humain. Sur ce, nous nous séparâmes, allant chacun nous coucher. J'avais personnellement besoin de repos pour ma journée de demain. Car j'avais fini de préparer le plan. Mon plan.
Le lendemain, je m'éveillai vraiment tôt (encore plus que la veille). Je m'étirai, puis me levai. Je pris un sac en toile caché tout au fond de mon sac de couchage dans lequel il y avait quelques fringue, un couteau en bronze céleste et des drachmes. Je vérifiai que Nocturne était bien à mon cou, et sortis. Je jetai un dernier regard derrière moi pour être certaine que je n'avais réveillé personne. Je savais pertinemment qu'après ça, la Colonie entière aurait la conviction que j'étais une traîtresse. Mais je n'avais pas vraiment le choix. J'avançai alors. Je dépassai la limite du bouclier. Et continuai à marcher.
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Chapitre 9 :
| Spoiler: | | | J'avais mal aux pieds. Qui a inventé la marche à pieds ? Il faudrait que je lui apprenne le mot « téléportation ». Enfin, encore, je ne pouvais pas avoir l'impression qu'il me restait des tonnes de chemin à faire. On a cette impression quand on sait où on va, ce qui n'est pas mon cas. Oh, ne vous méprenez pas, j'avais une idée très claire du but que je souhaitais atteindre ; seulement, je ne savais pas (exactement) comment le trouver. Vous allez sans doute penser « dans ce cas, c'est suicidaire d'avoir quitté le colonie ». Vous avez peut-être raison, mais mon excuse est que je n'avais rien d'autre à faire. Comme dit Chiron, on joue toute les cartes qu'on a. En ce moment même, tous les sangs-mêlés de la Colonie devaient me prendre pour une traîtresse. Je m'imaginais très bien la scène : Percy, dégouté - « comment une fille aussi génial a put se ranger du côté du méchant Cronos ? -, Chiron, déçus - « ...Plus d'atout... Plus de cartes... »- et les Arès, proclamant qu'«ils nous l'avaient bien dit », et enfin, Cédric, se mordant les doigts de m'avoir forgé mon arme idéale (hum, peut-être n'arriverait-il pas à vraiment regretter... Ah, ces Héphaïstos et leur idéal... ) De toute façon, j'espérais pouvoir rencontrer un monstre le plus tôt possible, rien que pour le convaincre de me porter sur son dos (enfin, encore ne fallait-il pas que ce soit une empousa ou un truc du genre... ), ou si j'avais de la chance, je pourrais croiser un sbire de Cronos, puis je scanderai sa tête pour faire le plein d'infos. Après quoi je le convaincrai de me prendre sur son dos (mes pieds... ). Oh, et si j'avais vraiment de la chance, l'heureux monstre élu par le destin pour me servir de moyen de transport connaitra la destination de mon but. Soudain, j'entendis un bruit, dans mon dos. Un bruit doux et feutré : des ailes, des plumes. Il y a quelque jours, ou même quelques heures, je me serai enfuie en appelant ma mère, mais plus maintenant. Je détachai Nocturne et me retournai. *Baisse ton arme, fille de Cronos.* Sa voix résonnait aussi magnifiquement que l'écho d'une goutte qui se brise sur le sol. Son pelage qui reflètait la lumière du Soleil était éblouissant. Sa crinière était d'un gris bleuté, et aussi lisse et brillante que les cheveux qu'on ne voit pas ailleurs que dans les pubs de l'Oréal. Ses sabots étaient d'argent, ses yeux d'améthyste. Ses ailes étaient puissantes, leurs plumes l'air douces comme le duvet d'un oiseau. Il se posa devant moi. *Je me présente à toi en ces circonstances martiales pour te proposer mon aide.* Il plongea ses yeux dans les miens. Je fronçai les sourcils. _Hein ? Il sembla offusqué. *Ma façon de parler étant d'un normalisme aberrant, la raison de ton incompréhension m'échappe* Personnellement, ce qui m'échappait à moi, c'était la raison pour laquelle il n'avait pas dit « Besoins d'aide ? » puis « qu'est-ce que tu n'as pas compris ? » _Pardonne ma simplicité de femme du 21em siècle, dis-je. Tu es un Pégase ? Cela me paraissait logique. Mais il avait l'air d'être plus qu'un simple Pégase. Je veux dire... Il débordait de magnificence. Il pencha sa tête sur le côté. *Le seul, car le nom que je porte est Pégase.* Ah. Je toussotai. _Tu veux dire... Pégase ? THE Pégase ? *J'en ai bien peur.* _Tu as peur d'être Pégase ? Il sembla décontenancé. *Je voulais émettre une affirmation, mais puisque tu sembles ne pas comprendre, je te répondrai de par un simple oui.* _OK, et là, tu me proposes ton aide ? *Je vois bien que tout compte faits tu comprends certains de mes dires. * Ça devait vouloir dire oui. _Pourquoi ? *Entends bien qu'après les mille ans qui me séparent de ma naissance, l'ennui commence à se faire lourd. * _Donc, tu m'aides parce que tu t'ennuies? *J'en ai bi... En effet. * _Et comment vas-tu m'aider ? *De la façon dont tu l'entends.* Je réfléchis. Pégase était la créature la plus rapide de l'univers. Il savait peut-être où il se cachait. _Est-ce que par hasard tu sais ou vivent les Nidhoggs ? Il pencha de nouveau sa tête sur le côté. *Oui. * Une fois n'est pas coutume, ça avait le mérite d'être clair. Un grand soulagement m'envahit. J'acceptai l'aide de Pégase. _Fantastique ! Tu peux m'y emmener ? *Sans doute, je le peux. * Alors, je montai sur le dos du Seigneur des chevaux.
Le voyage ne fut pas particulièrement... Particulier. Au moins, j'avais la chance de pouvoir affirmer que le dos de Pégase était aussi confortable qu'un fauteuil. Après quelques conversations constructives comme un débat des objets les plus inutiles jamais inventés (j'ai eu le dernier mot en proposant le papier-toilette en guise de chapeaux -pour ne pas en manquer- alors que lui avait défendu l'inutilité de la télévision, le fou. ), puis je décidai de lui poser une question un peu plus conséquente. _Qu'est ce que tu sais au sujet des Nidogs ? *Ce sont de fière combattants. Ils n'obéissent qu'à une seule personne, mais personne ne sait de qui il s'agit. Hormis les dieux, peut-être. * _Qu'est ce que tu entends par fières combattants ? *Ils sont des créatures puissantes et de grands guerriers. Ils peuvent prendre forme humaine, sans pourtant avoir recours à la brume. Et sous leur forme réelle, ils ressemblent à ce que des humais aiment à appeler des dragons. * _S'ils sont si puissant, pourquoi Cronos n'a-t-il pas cherché à les avoir dans son armée ? *Sans doute a-t-il anticipé leur refus. * _Encore cette histoire qu'ils n'obéissent à personne ? *Je le pense. Ou bien peut-être ne sait-il même pas où ils vivent. * _Est-ce qu'ils se cachent ? *D'une certaine façon, oui. Ils vivent dans une île dissimulée par la brume, quelque part dans le Pacifique, en totale eutarcie. * _Je vois... *Comment connais-tu l'existence des Nidogs ? * _A vrai dire, je n'en sais rien. Pégase sembla surpris, mais garda le silence. Nous volâmes quelques temps, jusqu'à ce que je me rende comte que j'avais faim. Nous ne survolions pas encore le mer, et je demandai à Pégase de me déposer dans la ville la plus proche ; je l'appellerai pour qu'il revienne me chercher dès que je me serai nourrie. Je me rendis au Mac Do, et la gentille vendeuse accepta gentillement de me donner un plat à emporter gratuitement -c'était vraiment une très gentille vendeuse : je le vis dans son esprit quand je l'aidai à accepter de m'offrir un menu. Après quoi, j'allai appeler Pégase lorsqu'un immense tag, sur le mur d'un immeuble, attira mon attention. Pour une raison inconnue, cette inscription m'irrita au plus haut point. Je me dirigeai immédiatement dans un magasin d'arts et déco, et en ressortis avec plusieurs bombes de peinture noire ; puis j'appelai Pégase, de façon à ce qu'il me porte le temps que je rajoute un innocent « s » au mot « God ». Ce qui donnait « GODS SAVE THE QUEEN ». Beaucoup mieux. Bien que les dieux en question avaient sans doute mieux à faire que de sauver ladite Queen. Après que Pégase m'est fait remarqué mon sens des priorités inquiétant, nous repartîmes. Au bout d'une demie heure, nous survolions le Pacifique. Deux heures plus tard, Pégase m'annonça l'île des Nidhoggs.
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Chapitre 10 :
| Spoiler: | | | Au début, je ne vis rien d'autre que le brouillard. Puis, après quelque minutes, les rochers se dessinèrent, au milieu des eaux ; des rochers acérés et tranchants. Je pris une grande inspiration. *Tu as l'air plutôt détendue, *fit Pégase. _Étant donné l'éventualité que la population du monde occidentale repose sur mes frêles épaules, je pense que je me dois de faire preuve d'un minimum de calme, malgré le fait que mon ego est actuellement en proie à une panique incommensurable. *Je vois. * Quelques secondes s'écoulèrent, l'île se rapprochait. _Est-ce que, par le plus grand des hasard, les Nidhoggs seraient connus pour leur nature, je sais pas moi, colérique, ou meurtrière ? m'enquis-je. *A vrai dire, je l'ignore. * _Ah bon. Donc tu ne les connais pas alors que tu connait l'emplacement de leur île, chose que même le Seigneur du Temps ignore ? *Vois-tu, lors de ce dernier millénaire, j'ai eu le temps de faire environs 56 251 325 fois le tour du globe. Tu comprendras donc le fait que je connaisse l'emplacement de la plus petite île de la planète...* _Ah, oui. Mais vu que tu es rapide, pourquoi tu ne nous a pas emmené là-bas d'un seul coup d'aile ? Non pas que je trouve lent... *La réponse est simple : ton corps n'aurait pas supporté la vitesse. * Sans blague... L'île se rapprochait, et à mesure que les rochers se rapprochaient, j'avais de plus en plus de mal à garder mon calme. *Respire profondément, il n'y a pas de raison pour que ça se passe mal. * Pas si sûr. Moi j'en voyais plein. _Oui, oui, fis-je tout de même. Puis nous commençâmes à survoler l'île tandis que Pégase essayait de trouver un coin pas trop coupant où se poser. Il repéra enfin une plate-forme où les rochers n'étaient pas assez dangereux pour qu'on s'empale dessus par mégarde. J'aurais bien été pour qu'on plane encore un peu, mais Pégase descendit immédiatement, sans me demander mon avis bien sûr. Il atterrit en douceur. Puis il s'immobilisa. Aussi présumai-je que les Nidhoggs viendraient à nous d'eux-même, et qu'il ne nous restai plus qu'à patienter, plus ou moins (surtout moins) calmement. Je m'affairai donc à tenter d'aborder une mine sérieuse, calme, pacifiste. Bref, tout sauf hostile. *Je te dis de te détendre,* fis Pégase. *Tout ira bien. * _Ouai. C'est sûr. Inutile de préciser que je n'étais pas convaincue. Et le fait qu'il ne se passait absolument rien ne m'aidait pas à me détendre. N'y tenant plus, je scannai les pensées de toute les créatures environnantes. Autant dire que je n'eus pas à scanner très loin. Ils étaient juste derrière les montagnes-poignards qui encerclaient notre terrain d'atterrissage. De nouveau, je pris une grande inspiration. J'allais négocier l'avenir de la population occidental (et accessoirement, le mien, vu que la problématique du moment ressemblait à "J'te bouffe, j'te bouffe pas ? ") Ils passèrent pas dessus les rochers (à ma grande surprise, ils ne s'ouvrirent pas le ventre avec et ne déversèrent pas leurs tripes par terre. ) Ils marchaient sur leur quarte pattes. Pégase avait raison : c'étaient des dragons. Les même que ceux qu'on voit dans Eragon. Les mêmes ailes, la même allure, la même carrure, et pour mon plus grands malheur, les mêmes griffes et les même dents. L'un d'eux s'avança. Il se posta devant nous. Si moi je faisais de mon mieux pour ne pas paraître hostile, lui ne faisait aucun effort. Ses crocs à eux seuls disaient un truc entre "Vous allez mourir dans d'atroces souffrances" et "A table ! ". En tout cas, c'était la traduction même du mot "hostilité". Alors, c'était plus fort que moi, je le regardai avec orgueil -je ne supportai pas qu'on me regarde avec hostilité. Le Nidhogg devant moi était de loin le plus grand (de même que j'étais la plus petite... ) de toute les créatures ici présente. Ses écailles étaient d'une teinte cuivrée. Lorsqu'il resserrait les doigts de ses pattes, les griffes qui étaient au bout tranchaient la roche comme s'il s'agissait de terre meuble. Puis, quelques sentiments pour le moins déroutants traversèrent ses yeux et sa tête. Confusion, hésitation, interrogation, hésitation de nouveau, puis enfin, bizarrement... Joie. Et, encore plus bizarrement, le même genre de pensées traversèrent les esprits des autres Nidhoggs. J'étais convaincue que je me trompai. C'était obligé, mon don avait un faille, un défaut, ou quelque chose du genre... J'allais parler, mais le Nidhogg en face de moi ne m'en laissa pas le temps. _C'est toi... fit-il. _Pardon ? Je frôlai une première fois l'infarctus lorsqu'il prit forme humaine, puis une deuxième fois lorsque ses congénères l'imitèrent. _Nous t'avons attendue, m'assura-t-il. Je ne trouvai rien à répondre. La scène tournait au n'importe quoi. je M'étais attendue à toute les réactions ; le scepticisme, la crainte, la haine, l'envie de meurtre... Je m'étais attendue à toute les réactions mais pas à celle-là. Pas à l'adoration que je lisais dans leur regard. _Tu es enfin réapparue. Alors, tous les Nidhoggs posèrent un genou à terre. Ils baissèrent la tête. _Je... fis-je. Je ne pus continuer. Personne, jamais, ne s'était agenouillé devant moi. Même pour plaisanter. Jamais. Alors d'où venait cette petite voix dans ma tête qui me disais que j'allais devoir m'y habituer ? Je jetai un coup d'œil à Pégase. Son expression las du vieux cheval qui |
|  | | yesa

Messages: 6 Date d'inscription: 05/06/2011
 | Sujet: Re: la Treizième Olympienne Mer 6 Juil - 17:05 | |
| Que veux-tu que je dise de plus ? Moi j'ai trouvé ça très bien ^^ |
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